Aujourd’hui, on SEXplique en quoi consiste un dépistage ! Mais pourquoi donc devrait-on passer un test de dépistage ?

Voici quelques exemples du pourquoi :

  • Parce que je n’ai jamais passé de test de dépistage
  • Parce que je tiens à ma santé et je veux passer des tests régulièrement
  • Parce que je débute une relation nouvelle avec quelqu’un
  • Parce que j’ai eu des relations sexuelles non protégées
  • Parce que je crois avoir des symptômes
  • Parce que je suis enceinte ou j’espère le devenir
  • Parce que les ITSS sont souvent asymptomatiques donc je suis peut-être à risque
  • Parce que mon ou ma partenaire est infecté(e)

Bref, toutes les raisons sont bonnes pour passer un test de dépistage ! Il faut comprendre que c’est la seule façon de détecter une ITSS. Mais on vous entend déjà demander « comment avoir accès à ce genre de test » ? Certains organismes communautaires de lutte contre le VIH et certaines cliniques spécialisées comme des cliniques jeunesse ou des CLSC offrent ce genre de service. Il s’agit d’un service gratuit et confidentiel. Il est important de mentionner qu’à partir de quatorze ans il est possible de passer un test de dépistage sans avoir besoin du consentement d’un parent.

Comment ça se passe un test de dépistage ?

Il est vrai qu’on raconte toutes sortes de choses ! Premièrement, il faut rencontrer un médecin. Le médecin aura quelques questions : il est donc primordial de dire la vérité même si certaines choses peuvent être gênantes. Il veut s’informer de nos symptômes, si on a des douleurs, des plaies, des parasites, etc. Il va aussi nous poser des questions sur nos habitudes sexuelles et nos partenaires antérieurs. On se rappelle que le médecin n’est pas là pour juger mais bien pour faire son travail correctement. Il ne faut pas hésiter à lui poser des questions ou même demander de nous suggérer des ressources si on souhaite obtenir de l’aide ou du soutien.

Voici donc comment se passe un test de dépistage :

ÉTAPE 1

L’examen physique. Le médecin regarde brièvement si le corps présente des signes visibles d’ITSS comme des morpions, des condylomes, des plaies ou des irritations sur les parties génitales, le haut des cuisses, la bouche, les yeux et même le nez dans certains cas. Oui, même le nez! Vous avez bien lu!

ÉTAPE 2

Les analyses sanguines. Dépendamment des ITSS, on peut procéder par prises de sang. Un ou une infirmier(e) prélève donc une petite quantité de sang dans une seringue et on soumet cet échantillon à une analyse spéciale et les résultats arrivent généralement quelques jours après. Pas besoin d’être à jeun pour ce genre de test. Prenez-donc un bon déjeuner, tant qu’à y être!

ÉTAPE 3

L’échantillon d’urine. Si c’est nécessaire, on peut aussi avoir recours à l’échantillon d’urine. C’est une procédure simple et indolore : il suffit d’uriner dans un petit flacon prévu à cet effet et de remettre le contenu au personnel médical (c’est dégueux, mais ils sont habitués!). L’urine sera alors analysée et les résultats arrivent normalement dans les jours qui suivent. Une option moins glamour mettons, mais qui peut être requise dans certains cas!

ÉTAPE 4

Les prélèvements. À l’aide d’un coton-tige, le médecin vient prélever un échantillon de sécrétions ou de liquides corporels soit via le vagin, l’urètre, le rectum, la bouche ou la gorge tout dépend de où se situe l’infection. Ne vous inquiétez pas pour ce qui est de votre pilosité : le médecin n’est pas là pour juger votre coupe pubienne mais bien pour prélever un échantillon! Et on s’entend que dans sa carrière, il en a vu de toutes les couleurs!

Plus précisément, voici le déroulement typique de ce genre de test :

Chez la femme, on retire préalablement ses sous-vêtements on peut garder son haut, mais retirer le bas est obligatoire. On s’installe ensuite confortablement (#not) sur la table d’observation, les deux pieds dans les étriers, les jambes bien écartées. Le médecin insère un spéculum (cet outil qui ressemble à un bec de canard en plastique) qui sert en fait à écarter les parois du vagin pour entrevoir le col de l’utérus. Le spéculum peut être en plastique ou en métal et le médecin va normalement l’enduire du lubrifiant afin de faciliter l’insertion. Ne vous inquiétez pas, il s’agit d’une procédure qui est sans douleur. Si jamais ça fait mal, on le dit au médecin, tout simplement. Ensuite, le médecin vient se servir d’un coton-tige pour prélever un échantillon en grattant un peu l’intérieur du vagin ou du col utérin. Le tout dure quelques secondes. Aucune raison d’avoir peur. C’est juré!

N.B.: Il faut savoir aussi qu’un test PAP ce test gynécologique qui sert à savoir si on a contracté le VPH se déroule de la même façon, c’est-à-dire que le médecin ira prélever un échantillon du col utérin afin pour vérifier qu’il n’y a pas de lésions précancéreuses ou porteuses d’une ITSS sur le cervix un mot fancy qui veut dire « col de l’utérus ».

Chez les hommes, on utilise normalement la technique des échantillons d’urine ou bien celle des analyses sanguines décrite plus haut. Si jamais on procède par prélèvement (une technique qui se fait de plus en plus rare, il faut le préciser) le médecin insère tout simplement un coton-tige à l’intérieur de l’urètre en rabattant le prépuce, si l’homme n’est pas circoncis. Le tout dure quelques secondes et c’est indolore, même si ça peut être quelque peu inconfortable.

J’ai une ITSS, c’est confirmé. Je fais quoi maintenant?

Ça peut paraître énorme lorsqu’on reçoit la nouvelle. Certains peuvent même se sentir honteux ou même sales. Pourtant, la plupart des ITSS se traitent et il est important de préciser qu’il s’agit d’une infection comme une autre, au même titre qu’une bronchite par exemple! Dans la même visée, si je viens d’apprendre qu’une personne avec qui j’ai eu une relation sexuelle protégée ou pas est infectée, je dois tout de suite aller me faire dépister et surtout éviter d’avoir d’autres relations sexuelles non-protégées jusqu’à ce que je reçoive les résultats de mes tests. Souvent, les ITSS sont asymptomatiques (pas de symptômes!) donc on peut être infecté(e) sans présenter aucun symptôme apparent.

Évidemment, si l’ITSS qu’on a contractée peut se traiter, il faut alors chercher un suivi médical afin de recevoir le traitement approprié. Il faut donc suivre le traitement pendant toute la durée prescrite et s’abstenir d’avoir des relations sexuelles non-protégées durant tout le traitement. Encore une fois, il faut consulter un professionnel de la santé.

L’autre partie très importante : avertir mes partenaires.  

  • Pensez-y, aimeriez-vous être infecté par quelqu’un qui ne vous a pas mentionné être aux prises avec le VPH ou l’herpès ? Non.
  • Aimeriez-vous infecter d’autres personnes sans même savoir que vous étiez infecté ? Non.
  • Aimeriez-vous transmettre une la syphilis à votre fœtus ? Non, non et encore non.

C’est pourquoi il faut aviser les personnes concernées. En avisant nos partenaires présents et antérieurs, on diminue le risque qu’ils contractent une ITSS, on leur permet ainsi de se faire dépister pour éviter des complications futures et on empêche aussi la transmission de l’ITSS à d’autres personnes. #commentpréveniruneépidémie101

Ok, je veux bien avertir mes partenaires mais qui dois-je contacter exactement?

Pour ce qui est de la chlamydia ou la gonorrhée il faut avertir tous nos partenaires depuis les soixante derniers jours. Sinon, on avise le partenaire le plus récent. Pour les autres ITSS, il faut demander conseil à notre médecin parce que la contagion varie d’une ITSS à l’autre. Il est bon à savoir aussi que certaines ITSS ne peuvent être détectées seulement s’il y a présence de lésions comme c’est le cas de l’herpès, on vous en dit plus sur le sujet ICI. De plus, certaines ITSS sont des MADO (Maladie À Déclaration Obligatoire) donc si tel est le cas, nous sommes tenus par la loi de déclarer notre statut au directeur de santé publique dans notre dossier médical. Plusieurs infections se retrouvent dans la liste des MADO, comme le VIH/SIDA, les hépatites virales, la syphilis, le choléra, le tétanos, la maladie de lyme, etc.

Comment je vais annoncer ça à mon/ma partenaire ?

On peut le faire face-à-face, c’est-à-dire en personne. On recommande alors de choisir un lieu neutre, calme et pas trop achalandé. Ça va réduire le stress d’un cran mettons. On suggère de ne pas tourner autour du pot. Par exemple, dire simplement : « Écoute, je veux être honnête avec toi, j’ai la chlamydia, c’est une ITSS et ça se traite avec des antibiotiques. Tu es peut-être infecté toi aussi, tu devrais passer un test de dépistage pour vérifier. » Short and sweet de même. On peut même donner de la documentation à la personne ou lui référer un site ressource comme CELUI-CI. On essaie d’éviter les phrases du genre : « Tu m’as donné la gonorrhée! » ou « C’est de ta faute si j’ai la syphilis! » Rester calme et ne pas accuser l’autre reste la clé, car ça rend la conversion plus facile et moins hostile.

Sinon, on peut aussi l’annoncer par téléphone ou même par message texte! Certaines applications existent pour ça et on vous en parle ICI! De cette façon, ça peut être anonyme ou non, mais on n’a pas à se déplacer pour aviser l’autre personne. Et ça peut éviter des situations awkward si vous ne « feelez » pas le face-to-face.

Vous souhaitez en savoir plus sur où se faire dépister ou sur les différentes ITSS ? Vous pouvez visiter les sites suivants :

http://itss.gouv.qc.ca

http://www.masexualite.ca

http://www.rezosante.org

http://www.sefairedepister.ca

http://cliniquelactuel.com

http://cliniquequartierlatin.com

http://cactusmontreal.org

http://sogc.org

https://www.cua.org/fr

http://www.fqpn.qc.ca/?repertoire=trouvez-un-service

Signé l’équipe de on SEXplique ça!